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Infertilité : comprendre les causes et les solutions pour devenir parent

Aujourd'hui, l'infertilité concerne de plus en plus de couples. En France, on estime qu'un couple sur quatre* rencontrera des difficultés à concevoir un enfant au cours de sa vie. L'infertilité est définie par l'absence de grossesse après 12 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception. Si cette situation peut être source d'inquiétude, les progrès réalisés ces dernières années permettent aujourd'hui de mieux comprendre ses causes et de proposer des solutions adaptées à de nombreux couples.

*Rapport sur les causes d’infertilité – Samir Hamamah ; Salomé Brioux – Ministère des Solidarités et de la Santé, 21 février 2022

Pourquoi la fertilité diminue-t-elle ?

L'un des principaux facteurs influençant la fertilité est l'âge. Chez la femme, la réserve ovarienne diminue naturellement au fil des années et la qualité des ovocytes commence à baisser dès 30 ans, avec une accélération après 35 ans. Cette diminution réduit progressivement les chances de grossesse et augmente également le risque de fausse couche.

Chez l'homme, le vieillissement a lui aussi un impact sur la fertilité. Avec l'âge, la qualité des spermatozoïdes tend à diminuer, ce qui peut réduire les chances de fécondation. Lorsque la femme a plus de 35 ans et l'homme plus de 40 ans, le risque de fausse couche est multiplié par près de sept.

Au-delà de l'âge, notre mode de vie joue également un rôle important. Le tabac, l'alcool, certaines drogues, le surpoids ou au contraire une maigreur excessive peuvent altérer la fertilité. L'exposition à certains polluants environnementaux, comme les pesticides, ainsi que certains traitements médicaux, notamment la chimiothérapie ou la radiothérapie, peuvent également affecter la capacité à concevoir.

Malgré les nombreux progrès réalisés dans le diagnostic, 10 à 25 % des infertilités restent aujourd'hui inexpliquées, sans qu'une cause précise puisse être identifiée.

Les principales causes de l'infertilité masculine

Contrairement aux idées reçues, l'infertilité ne concerne pas uniquement les femmes. Dans près de la moitié des cas, un facteur masculin est retrouvé, seul ou associé à une cause féminine.

Le plus souvent, l'infertilité masculine est liée à une altération des spermatozoïdes. Leur nombre peut être insuffisant, leur mobilité réduite ou leur forme anormale, limitant leur capacité à féconder l'ovocyte. Plus rarement, les spermatozoïdes sont totalement absents du sperme, une situation appelée azoospermie.

Certaines maladies hormonales peuvent également perturber leur production. Des troubles de la thyroïde, une hyperprolactinémie, un diabète ou certaines anomalies hormonales plus rares peuvent être en cause.

Les testicules eux-mêmes peuvent aussi être atteints. Une cryptorchidie (testicule non descendu durant l'enfance), une orchite après les oreillons, un traumatisme, une chimiothérapie ou une radiothérapie peuvent altérer durablement la fabrication des spermatozoïdes.

Enfin, il arrive que les spermatozoïdes soient normalement produits mais ne puissent pas être transportés en raison d'une obstruction des voies génitales, à la suite d'une infection, d'une intervention chirurgicale ou d'une vasectomie. Plus rarement, certaines anomalies génétiques, comme les syndromes de Klinefelter ou de Kallmann, sont responsables d'une infertilité sévère.

Les principales causes de l'infertilité féminine

Chez la femme, plusieurs mécanismes doivent fonctionner correctement pour qu'une grossesse puisse débuter : l'ovulation doit avoir lieu, les trompes doivent permettre la rencontre entre l'ovocyte et le spermatozoïde, puis l'embryon doit pouvoir s'implanter dans un utérus sain.

Les troubles de l'ovulation représentent l'une des causes les plus fréquentes d'infertilité. Ils sont notamment observés dans le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), l'insuffisance ovarienne prématurée ou certaines maladies hormonales.

Les trompes de Fallope peuvent également être obstruées, le plus souvent à la suite d'infections génitales comme celles dues à Chlamydia trachomatis ou au gonocoque. Lorsque les trompes sont bouchées, la rencontre entre le spermatozoïde et l'ovocyte devient impossible.

Certaines anomalies de l'utérus, comme les fibromes, les polypes ou certaines malformations congénitales, peuvent également diminuer les chances d'implantation de l'embryon ou favoriser les fausses couches. Une anomalie de la glaire cervicale peut également gêner le passage des spermatozoïdes.

Enfin, l'endométriose constitue aujourd'hui l'une des principales causes d'infertilité féminine. Cette maladie inflammatoire chronique peut perturber l'ovulation, modifier l'anatomie du bassin, empêcher la fécondation ou encore limiter l'implantation de l'embryon. Les douleurs importantes qu'elle provoque peuvent également réduire la fréquence des rapports sexuels et diminuer les chances de conception.

Quelles solutions lorsqu'une grossesse tarde à venir ?

Lorsque la grossesse ne survient pas après un an d'essais (ou après six mois chez une femme de plus de 35 ans), un bilan d'infertilité peut être proposé. Celui-ci permet d'identifier la ou les causes éventuelles et d'orienter le couple vers la prise en charge la plus adaptée.

Selon les situations, le traitement peut simplement consister à corriger un trouble hormonal, traiter une infection ou modifier certaines habitudes de vie. Dans d'autres cas, une prise en charge en assistance médicale à la procréation (AMP), anciennement appelée PMA, peut être proposée.

Les principales techniques comprennent la stimulation ovarienne, qui favorise le développement des ovocytes, l'insémination intra-utérine, qui consiste à déposer directement les spermatozoïdes dans l'utérus au moment de l'ovulation, et la fécondation in vitro (FIV), où la fécondation est réalisée en laboratoire avant le transfert de l'embryon dans l'utérus.

Aujourd'hui, près d'une naissance sur trente en France est issue d'une technique d'assistance médicale à la procréation, illustrant les progrès considérables réalisés dans ce domaine.

Peut-on préserver sa fertilité ?

Même si tous les facteurs ne sont pas contrôlables, adopter une bonne hygiène de vie permet de préserver au mieux sa fertilité. Arrêter le tabac, limiter l'alcool, maintenir un poids équilibré, pratiquer une activité physique régulière et éviter autant que possible l'exposition aux perturbateurs endocriniens ou aux pesticides sont autant de mesures favorables.

Pour les femmes souhaitant avoir un enfant plus tardivement, il peut également être utile d'aborder la question de la fertilité avec un professionnel de santé afin d'être informées sur l'impact de l'âge et les éventuelles options de préservation de la fertilité lorsque cela est indiqué.

En résumé

L'infertilité est une situation fréquente qui touche aussi bien les femmes que les hommes. Si l'âge reste le principal facteur influençant les chances de grossesse, de nombreuses autres causes peuvent être en jeu. Grâce aux progrès du diagnostic et de la procréation médicalement assistée, de nombreuses solutions existent aujourd'hui pour accompagner les couples dans leur projet parental. Un bilan précoce permet souvent de gagner un temps précieux et d'optimiser les chances de concevoir un enfant.

Sources :

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